Construire le monde d’après, la suite

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Construire le monde d’après, la suite

Les projets urbains au regard des enjeux Climat

mardi 16 novembre 2021 : 18h00 à 20h00

Les enjeux climatiques et de biodiversité sont devenus des paramètres incontournables dans les projets urbains. Entre loi Climat et Résilience, enjeux locaux, contraintes et pressions des acteurs, points de vue des citoyens, comment définir les sujets à prendre en compte, hiérarchiser les actions nécessaires, les intégrer dans les projets ?

 

Invité

William AUCANT est architecte-urbaniste, il a été membre actif de la Convention Citoyenne Pour le Climat, parmi les 150 citoyens tirés au sort. Il est aussi Conseiller régional des Pays de la Loire.

Autour de son témoignage, notre rencontre sera l’occasion de débattre des enjeux pour nous professionnels de l’urbanisme, des orientations dans les projets , des réponses possible, des priorités et des urgences.

 

 

Adresse : Pôle associatif Désiré Colombe

Salle Nathalie Lemel

8 rue Arsène Leloup à Nantes

 

Conformément aux dispositifs réglementaires et selon les directives gouvernementales en vigueur, un pass sanitaire pourra vous être demandé à l'entrée

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Profession Urbaniste

Les urbanistes d’une seule voix

C’est un dossier mis cent fois sur l’ouvrage: Le regroupement des associations d’urbanistes pour parler d’une seule voix. Un pas a été franchi lors de l’université d’été de 2019: dans la “Déclaration de Chatellerault” (cf lien), 15 associations et organismes employeurs ont enfin associé leur voix pour créer un collectif “Profession urbaniste”, destiné à promouvoir l’exercice de notre métier , avec toute la diversité des approches et des exercices qu’on lui connait, qui font sa  richesse.

L'étape suivante doit être la reconnaissance du métier, qui fait trop souvent défaut  dans les textes et procedures, constituant parfois de vrais freins à l’efficacité des processus d’aménagement et de planification.  Cette démarche est en cours, notamment dans le cadre du processus de rationnalisation des actions locales que porte le projet de loi “4D”.

 

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Le monde d’après, suite des rencontres

Construire le monde d’après: les urbanistes seront-ils au rendez-vous? Nous vous rappelons que la rencontre de mars est accessible en podcast par le lien suivant:

https://anchor.fm/dixitnet/episodes/dixit-13--AUGO--Construire-dans-le-monde-d’après-les -urbanistes-seront-ils-au-rendez-vous-ethvf8

 

La prochaine rencontre aura lieu à la rentrée ; la date vous sera communiquée prochainement.

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Vers le zéro artificialisation nette : d’accord mais par quel chemin ?

Après plus de 8 mois d'auditions et de débats, les travaux de la Convention Citoyenne pour le Climat ont abouti à 149 propositions. Le projet de loi "Climat et Résilience" qui en est issu a été présenté le 10 février 2021 en Conseil des Ministres et examiné au Sénat.

Parmi de multiples sujets, celui de la lutte contre l'artificialisation des sols et l'étalement urbain, à propos duquel le projet de loi envisage la mise en place de nouvelles règles à inscrire au code de l'urbanisme. Citons l'écriture d'une définition de l'artificialisation des sols, et l'inscription dans le code de l’urbanisme de l’objectif de division par deux des surfaces artificialisées au regard de la consommation des 10 dernières années.

Loin de constituer une nouveauté, cet objectif de lutte contre l'artificialisation des sols est aujourd'hui largement partagé et constitue un défi à relever collectivement. L'inscription de cet objectif dans la loi ne peut être que bienvenu. Mais au-delà de la finalité, la question des moyens d'atteindre cet objectif doit être replacée au cœur des débats, en reconnaissant la place et la responsabilité de chacun : Etat, élus locaux, urbanistes, architectes, habitants, acteurs locaux.

 

Le réflexe législatif, la puissance aveugle de la norme

L'évolution des objectifs assignés aux PLU, aux SCoT, la mise en place des CDPENAF, ont déjà renforcé l'arsenal législatif destiné à stopper l'étalement urbain. Le cadre et les outils sont relativement complets, pourtant le projet de loi continue d'actionner la même manette, à défaut de renforcer d'autres leviers d'action. L'angle d'attaque porte ainsi principalement sur les effets (artificialisation) et insuffisamment sur ses causes. L'approche reste alors fixée sur un objectif quantitatif (un nombre d'hectares artificialisés) appliqué de manière uniforme. Ce qui risque de créer l'illusion selon laquelle l'outil législatif constitue l'alpha et l'oméga de la lutte contre l'artificialisation des sols, reléguant au second plan des stratégies plus fines et agiles, pilotées localement.

L'approche quantitative a transformé la manière d'examiner les documents d'urbanisme, par des considérations mathématiques au détriment des débats de fond sur les projets de territoire. Cette confusion accentue encore la tension entre des collectivités locales soucieuses de la maîtrise de leur développement et des services de l'Etat porteurs d'injonctions législatives.

 

Une nécessité d'outils ciblés, locaux, partenariaux

Une approche uniforme par des objectifs chiffrés risque également d'impacter des politiques locales patiemment construites. Dès lors, on peut se satisfaire des amendements apportés au projet de loi pour territorialiser les objectifs, affirmant le rôle des politiques régionales inscrites dans les SRADDET, dans une combinaison objectif global / solutions locales.

La transition vers le zéro artificialisation n'est effectivement sans doute pas à mener de la même manière sur un espace péri-urbain renouvelant sa population scolaire à coup d'opérations de lotissements successifs, que sur une ville centre ou sur une commune rurale faisant face à des situations de vacance d'habitat ancien.

Les outils peuvent ainsi être adaptés à la singularité de ces situations et éventuellement se combiner : opérations de renouvellement urbain, accompagnement de divisions foncières, réhabilitations de parcs d'habitat ancien,…

La mobilisation de ces outils et le pilotage de ces démarches nécessitent une ingénierie locale plus musclée pour accompagner les collectivités dans cette transition. L'engorgement réglementaire en matière d'urbanisme depuis la loi SRU a certainement conduit à mobiliser une grande partie de cette ingénierie sur la remise à niveau (nécessaire) des documents. Mais il est peut-être temps de faire vivre ces nouveaux documents en transférant ces énergies vers la mise en œuvre des objectifs affichés, plutôt que de s'engager vers un nouveau cycle de révisions de documents d'urbanisme, consommateur de temps et de moyens.

Une stabilisation du cadre réglementaire défini pour les documents d'urbanisme pourrait être l'occasion d'une respiration salutaire pour réorienter les moyens vers l'accompagnement des collectivités afin d'engager un véritable renouvellement urbain co-construit localement et surtout choisi : études de programmation, référentiels fonciers, démarches de redynamisation de centres bourgs,…

 

Quels autres leviers ?

L'arrivée de nouveaux outils et moyens tels que les démarches Action Cœur de Ville, Opérations de Revitalisation de Territoire ou Petites Villes de Demain illustrent une approche plus opérationnelle, même si on peut regretter une certaine forme de saupoudrage. Ces démarches sont désormais fréquemment citées en exemple et le travail engagé par les pionniers ne demande qu'à essaimer.

La question de la fiscalité doit également être traitée pour rendre les opérations de réhabilitation et de renouvellement urbain plus rentables que la construction neuve et l'étalement urbain. Les évolutions fiscales en ce sens semblent encore trop timides pour inverser la tendance.

 

Le bâton peut-être, mais avec la carotte

Ne nous leurrons pas, la contrainte réglementaire reste indispensable. Mais pour être efficiente, elle doit s'accompagner d'actions soutenantes pour accompagner les territoires dans la mutation de leur modèle d'aménagement du territoire.

L'approche par la contrainte, sans disparaître, doit s'écarter au profit de démarches engageant des récits positifs pour nos territoires, car ils sont les plus puissants moteurs de changement. Parce qu'ils reconnaissent le rôle et la responsabilité des acteurs locaux, parce qu'ils suscitent l'adhésion et l'appropriation des projets de territoire inscrits dans les documents d'urbanisme.

 

Thomas CLAVREUL, Urbaniste membre de l'AUGO

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Université d’été des Urbanistes

La 25ème Université d’été des Urbanistes, organisée par le Conseil Français des Urbanistes (CFDU)  se déroulera du 25 au 28 août 2021 à Toulon.

Programme et informations : https://sites.google.com/site/cfduurba/

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Informations diverses

Informations diverses

  • L’AUGO a renouvelé cette année sa participation à Novabuild, association à la fois centre de ressources et coeur de réseau qui réunit de très nombreux acteurs pour porter les valeurs, les idées et les démarches d’innovation dans la construction et l’aménagement durables.

 

  • L’AUGO est entrée cette année au Conseil de Développement Loire-Angers, où elle sera representée par Christophe Lesort et Barbara Goutte.

 

  • Une centaine d’adhérents de l’association ECHOBAT était regroupé lors de l’AG qui s’est tenue le 11 juin pour les 11 ans du réseau de professionnels qui agit et s’engage en faveur du Développement durable dans le secteur du bâtiment. Ce réseau d’acteurs économiques impliqués dans le développement de l’écoconstruction solidaire venait des Pays de la Loire, Bretagne, Centre Val de Loire, les Hauts de France et La Réunion.

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Construire le monde d’après. Les urbanistes seront-ils au rendez-vous ?

Vous êtes nombreux à avoir participé à la rencontre organisée en visio-conférence le 10 mars 2021. Celle-ci est accessible en podcast par le lien suivant:

 

Avec la présence et les témoignages de :

Sylvain GRISOT, Urbaniste fondateur de Dixit, auteur du "Manifeste pour un urbanisme circulaire"

Jérôme BARATIER, Directeur de l’Agence d’urbanisme de Tours (ATU) et maître de conférences à l'école urbaine de Sciences PO

 

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Lettre de l’AUGO – Numéro spécial ville confinée

Editorial

La crise sanitaire qui nous secoue touche profondément nos modes de vie; pour nous urbanistes, on devine qu’elle interroge aussi les villes et les territoires : dans leur fonctionnement et leur organisation. La ville résiliente – et surtout désirable - est à l’ordre du jour. Le moment est venu de nous interroger sur les enseignements que nous pouvons tirer de cette période. D’ores et déjà, le CA de l’AUGO a engagé un débat interne sur le sujet. Dans cette optique, nous avons réuni un certain nombre d’articles ou de témoignages autour de 3 thèmes : le rôle des pandémies dans la fabrication de la ville (le passé) ; la ville confinée (le présent) ; les enseignements (le futur) : celui-ci constitue le contenu de cette Lettre de l’AUGO.

Nous nous proposons de poursuivre et d’élargir la réflexion autour du thème : « Et après ? Des villes et des territoires à réinventer ». Nous appelons à contributions de chacun visant à alimenter ce débat. Nous réunirons vos textes et articles et publierons une nouvelle brève sur ce thème. Nous organiserons aussi une prochaine rencontre-débat qui y sera consacrée, dès que possible (probablement à la rentrée).

Nous nous proposons enfin, si vous le souhaitez, de contribuer à répondre avec l’AUGO à l’appel à idées du PUCA (« La crise sanitaire, la ville, et l’habitat : questions pour la recherche »).

http://www.urbanisme-puca.gouv.fr/appel-a-contributions-la-crise-sanitaire-la-ville-a1988.html

Nous vous invitons à nous faire vos envois par mail à : contact@augo.fr avant le 26 mai 2020. Merci de préciser le cadre de votre participation à savoir brève AUGO et/ou PUCA.

 

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Comment les épidémies ont façonné nos ville

De tout temps, l’humanité a été confronté à des épidémies de peste, choléra, fièvre jaune, typhoïde, scarlatine, tuberculose…

Avec l’apparition des villes et la densification de populations, ainsi que le développement du commerce maritime, les grandes pandémies se sont multipliées dès l’Antiquité et ont ainsi été prises en compte pour concevoir les villes et notamment les villes portuaires, via des dispositifs de mise en quarantaine et d’éloignement des bateaux et de leurs cargaisons.

D’ailleurs, les mesures de quarantaine ont été perfectionnées au XIVe siècle dans les villes du Nord de l’Italie.

Les mobilités ont de tous temps été un facteur de risque et d’accélération. Les épidémies se sont propagées aisément via les voies de circulation premières, qu’elles soient commerciales, militaires ou religieuses, en privilégiant le secteur maritime au terrestre.

Ainsi, la structuration des villes, dans la conception de l’architecture et de l’urbanisme a principalement tenu compte du traitement de la circulation de l’air, avant que les avancées de la médecine de la fin du XIXe siècle (notamment avec Louis Pasteur) ne parlent des bactéries, micro-organismes et autres modes de contamination.

Le mouvement hygiéniste apparu au XIXe siècle, aux Etats-Unis et en Europe, a vu la transformation de Paris par Haussmann basé sur le projet d’assainissement et de création de larges boulevards faisant suite à des épidémies de choléra.

La prévention en matière de santé publique a permis ensuite de prendre en compte dans l’architecture et l’urbanisme la gestion de l’eau (adduction d’eau, réseau d’égouts), du bruit, de la lumière, de la verdure (espaces verts), qui, plus que jamais sont toujours des enjeux primordiaux de nos sociétés actuelles.

 

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Pendant : la ville confinée

Temps 1 – la sidération face aux villes désertées

On ne compte plus les articles et diaporamas qui nous donnent à voir des villes, habituellement surpeuplées et hyperactives, complètement désertes. Si cela alimente notre sentiment de sidération face aux effets de cette pandémie, cela peut également être un révélateur de cette nouvelle relation au monde induite par l’arrêt brutal des déplacements : l’expérience de l’ailleurs n’est plus que visuelle, perdant à la fois en sensorialité et en réalité, la webcam ou la photo deviennent les seuls moyens de voir au-delà de notre monde confiné.

Temps 2 – L’observation et les mesures

l’Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) propose un nouvel outil interactif permettant de visualiser quotidiennement l’impact des mesures de confinement sur la qualité de l’air. Le ralentissement de l’activité économique dû au confinement décrété en réponse à l’épidémie de Covid-19 a pour conséquence positive une forte diminution des émissions de polluants atmosphériques provenant du trafic routier et des industries . Mais "estimer et quantifier l’impact des mesures de confinement n’est pas aisé", notamment en raison de la variabilité météorologique. le confinement a eu pour effet de diviser par deux la pollution au dioxyde d’azote des 100 plus grandes villes françaises, par rapport aux niveaux attendus.

De son côté, Bruitparif publie le 25 mars, une semaine après la mise en place du confinement, un un 1er bilan qui constate qu’un "silence inhabituel" a envahi l'Île-de-France et notamment sa zone urbaine dense. Le long des axes routiers, des voies ferrées, aux abords des aéroports mais aussi dans les quartiers habituellement animés de la capitale et près des chantiers, tout l'environnement sonore est chamboulé. Entre 5 et 10 décibels de moins le long des axes routiers, des nuisances sonores aéroportuaires en très nette baisse également, ainsi que le long des voies ferrées.

Coronavirus : la nature reprend ses droits ?

Baisse spectaculaire des émissions de CO2 ; les animaux sont de retour, canards et cerfs (voire pumas) en pleine ville, dauphins dans les ports… Mais attention au rebond ! le climat n'a pas besoin d'une année blanche, mais d'une baisse des émissions de gaz à effet de serre soutenue», détaille François Gemenne, chercheur à l’université de Liège et membre du GIEC. Il craint également que beaucoup de gouvernements ne profitent de cette crise pour «remettre en cause les mesures de lutte contre le réchauffement climatique».

De son côté, l’ornithologue Philippe Carruette estime qu’il n'est pas certain que le monde animal en tire profit sur le long terme car « en baissant leur niveau de vigilance, elles s'exposent à un risque accru d'accident lorsque l'activité reprendra et que les véhicules se remettront à circuler comme avant."

Temps 3 – L’analyse et la réflexion

Se réfugier à la campagne est un réflexe traditionnel de protection 

Se réfugier à la campagne en tant de crise est-il synonyme d’inégalités sociales entre citadins et ruraux ?

Selon le sociologue J. Viard, il s’agit d’abord d’un réflexe classique qui, après avoir été lancé par les élites et l’aristocratie à l’origine de la villégiature, peut toucher aujourd’hui toutes les classes sociales possédant un pied à terre à la campagne allant de la résidence secondaire à la caravane, l’inégalité sociale résidant avant tout dans le fait de pouvoir ou pas s’y réfugier. En tant de guerre et de crise, la campagne est toujours apparue comme un lieu de refuge contre les maladies et les émeutes et une terre nourricière. Quant à l’acceptation de cette migration citadine par les ruraux, en dehors des territoires touristiques, notamment insulaires, qui subissent déjà de très fortes pressions, le développement des résidences secondaires n’est pas systématiquement rejeté.

Propositions pour aller plus loin : relation ville-campagne que concernent la nature dans la ville, l’agriculture péri-urbaine, l’aménagement du territoire et l’équilibre villes-campagnes (métropoles et villes moyennes…)…

 

La pandémie, révélateur et accélérateur des inégalités

Les habitants de quartiers populaires sont assez régulièrement pointés du doigt pour leur supposée « incivilité » et non-respect du confinement. Bien entendu, la situation est plus complexe et de nombreux article rappellent que :

- les plus pauvres sont ceux qui continuent à travailler – ils ne peuvent télétravailler car occupent des emplois subalternes bien qu’indispensables - et donc à être exposés au virus

- ils habitent des logements exigus et surpeuplés

- ces quartiers sont un « désert médical ».

Temps 4 – La ville résiliente

Coronavirus : villes vulnérables mais résilientes

Jusqu’à quel point nos villes sont-elles flexibles face aux usages en mutation ?

La crise du Coronavirus montre que les espaces publics peuvent avoir une flexibilité plus ou moins importante pour répondre à de nouveaux usages: parking dédié au dépistage, ouverture d’atelier de production (couture…), télétravail…et que la ville en général, loin d’être « effrayante » sait faire preuve d’adaptation et d’innovation. En termes de résilience, si les lieux possèdent trop souvent une mono-fonction inamovible qui crée une « distanciation » aux services, le professeur Carlos Moreno a développé le concept de « ville quart d’heure » et propose ainsi d’interroger l’agencement des villes à l’échelle des quartiers en développent la pluri fonctionnalité des lieux. Néanmoins il convient de fixer un curseur à cette flexibilité en proposant un cadre capable de garantir l’ordre et l’égalité d’accès, sachant que les usages dépendent du niveau d’appropriation des lieux par les habitants et que les besoins sont eux-mêmes mouvants.

Propositions pour aller plus loin : voir mixité fonctionnelle à l’échelle du quartier, notion de quartier (espace vécu, espace perçu), la ville circulaire, « réindustrialiser » les centres villes…

 

Pandémie, résilience, villes : Deux ou trois choses que nous savons d’elles

« Cet article tente de cerner ce que le COVID-19 nous dit de nos territoires et de nos actions collectives. Il ne s’agit pas d’un guide de recommandations et encore moins d’un exercice prophétique. L’objectif est de commencer à identifier les questions que la pandémie pose à l’urbanisme et à l’organisation de nos territoires, puisqu’on ne saurait reprendre les choses telles qu’on les a laissées avant le grand confinement. »

Il évoque les liens étroits, à l’origine, entre urbanisme et santé, l’approche hygiéniste. Pour lui, ces liens se sont distendus et des réponses ne pourront être apportées que grâce à l’activation de systèmes territoriaux multi-échelles. La crise que nous traversons doit nous servir d’enseignement pour concevoir l’urbanisme. Il prend pour exemple l’intérêt d’un CHU multi-sites plutôt qu’une concentration au même endroit …

L’article site plusieurs sources intéressantes (livres, articles, vidéo).

 

Nouvelles Mobilités, Nouvelles opportunités

Si le confinement a donné un coup d'arrêt aux vélos, trottinettes et scooters en free floating - généralement maintenus, mais en service minimum - la marche et le vélo sont désormais plébiscités

par les municipalités comme modes de transports plus hygiéniques car individuels .

Dès la mi-mars, la mairie de Bogotá (Colombie) a a créé en une nuit 22 kilomètres de pistes cyclables en fermant des voies réservées aux voitures. Mexico a créé ses premières pistes cyclables temporaires à l'aide de plots. Berlin a embrayé en donnant un coup de peinture au sol pour élargir des pistes cyclables existantes ou en créer de nouvelles.

Le CEREMA propose des solutions pour réaliser des aménagements provisoires basiques, avec de la signalisation de chantier, pendant et après le confinement.

 

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Penser le futur

 

La métropolisation du monde est une cause de la pandémie

« Le coronavirus s’est répandu extrêmement rapidement, de métropole en métropole, profitant des intenses flux mondiaux qui les relient. « L’une des causes principales de la pandémie est à trouver dans la métropolisation du monde », et dans la société coupée de la nature qu’elles ont construite, explique le géographe Guillaume Faburel. »

Pour G. Faburel, la métropolisation est pour partie responsable de la crise sanitaire du coronavirus. Il s’en prend à la « densification extrême » et au « surpeuplement démesuré ». La métropolisation conduit à un « arrachement à la nature ». Il évoque par opposition le rôle ambivalent de la campagne… Le monde métropolitain serait aussi le règne des inégalités. Il faudrait « démondialiser la ville et désurbaniser la terre ». G. Faburel, lors de cet entretien, préconise un aménagement du territoire autour des petites villes et des campagnes, à l’opposé de la surconcentration dans les espaces métropolitains. Il dénonce les « mobilités permanentes et l’accélération sans fin des mouvements » parmi d’autres maux des comportements métropolitains. Son entretien se conclut par un appel à une « pensée de la modération et de la limitation ».

 

Le coronavirus prépare-t-il la revanche des campagnes ?

La crise du coronavirus serait-elle en passe de briser la logique de concentration urbaine ? Les nouveaux standards d’hygiène, la distanciation sociale impossible à mettre en œuvre dans les villes, la brusque accélération du télétravail vont-il rendre les avantages jusque là reconnus aux villes insuffisants pour y retenir les métropolitains – ou, en tous cas les plus fortunés d’entre eux ?

 

Cette crise sanitaire est l'occasion de penser la ville du quart d'heure

Dans cette tribune de Carlos Moreno, le contexte de confinement est envisagé comme une opportunité de repenser les villes notamment au regard des temporalités. En partant du constat initial d'un "mode de vie urbain désincarné", notamment marqué par des déplacements multiples et chronophages, C. Moreno perçoit, avec la mise en place du confinement, un bouleversement des modes de vie et une occasion de repenser la ville. Il propose ainsi le concept de "ville du quart d'heure", renforçant la proximité et modifiant les temporalités, en pensant un accès des urbains aux divers services en un quart d'heure à pieds (ou modes actifs) depuis leur domicile. De cette organisation émergerait plusieurs vertus dont le développement d'usages, du lien social et de la participation citoyenne. L'article mentionne deux exemples de projets autour de la proximité.

 

Que peut l’urbanisme contre les épidémies ?

« D’un marché de Wuhan à une usine en Bavière, puis au monde entier… Encouragées par le monde moderne, ses villes et ses réseaux, les épidémies ne semblent plus avoir d’obstacles. L’urbanisme était pourtant né avec elles, pour freiner le choléra et la tuberculose. L’aménagement urbain est-il encore capable de nous maintenir en bonne santé ? »

L’article cite notamment Anne Roué-Le-Gall, professeure à l’École des Hautes Études en Santé Publique (EHESP), spécialiste en santé, environnement et urbanisme. Pour elle, « les épidémies sont souvent le résultat d’un déséquilibre environnemental » (dégradation des écosystèmes naturels). En rupture avec l’aménagement hygiéniste, elle prône le décloisonnement des approches de santé publique et d’environnement :« L’interdisciplinarité et l’intersectorialité sont des principes clé et majeurs dans nos approches d’urbanisme favorable à la santé. »

 

Imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise

Bruno Latour considère que « la crise sanitaire est enchâssée dans ce qui n’est pas une crise —toujours passagère —mais une mutation écologique durable et irréversible. » Il ne s’agit pas seulement de « reprendre ou d’infléchir un système de production, mais de sortir de la production comme principe unique de rapport au monde. » Il propose d’établir un contre-inventaire de ce que l’on ne veut plus et de ce que l’on désire, notamment en s’appuyant sur un exercice pratique, une « aide à l’auto-description ».

 

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APPELS A CONTRIBUTIONS

"ET APRÈS ? DES VILLES ET DES TERRITOIRES À RÉINVENTER"

L'AUGO vous suggère d'aller plus loin en programmant une rencontre professionnelle sur ce thème, probablement à la rentrée. Vos contributions sont les bienvenues pour alimenter ce débat naissant au sein de l'association.

L'association se propose également de se faire le relais en portant une synthèse auprès du PUCA à l'occasion de l'appel à contributions "La crise sanitaire, la ville et l’habitat : Questions pour la recherche".

Vous pouvez envoyer vos contributions à www.augo.fr en mentionnant "contribution Demain" avant le 28 mai 2020.

 

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Vous souhaitez rejoindre l'association AUGO ?

Suivez ce lien : Adhésion à l'AUGO

 

 

 

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Edito

Trop souvent intégrée en aval des projets, comme un complément d’âme bienvenu et consensuel, la nature en ville est aussi un argument beaucoup avancé dans la campagne municipale par les futur.e.s élu.e.s, tous bords confondus.

Dans quelle mesure ces professions de foi vont réellement transformer le paysage de la commande publique (avant de transformer le paysage urbain) ? Les grandes annonces médiatisées (forêts en ville, fermes urbaines...) seront-elles suivies d’effet ? Et permettront-elles de lancer une dynamique durable qui se déclinera à toutes les échelles et sur tous les territoires ?

Le traitement qui sera fait de la nature en ville et plus largement la place de la biodiversité sera un enjeu majeur de l’aménagement dans les années à venir. Pour l’intégrer comme un véritable paramètre des projets, Il devrait impacter des évolutions profondes à la fois pour les professionnels de l’urbanisme sur les méthodes et pour les élus et les collectivités sur la commande. Ce sera un souhait en guise de voeux en ce début d’année.